
Bénéficiant d’un buzz impressionnant, Keny Arkana, rappeuse de Marseille, sort son premier album composé entre
« Ciment et Belle étoile». Rappeuse contestataire à l’univers vindicatif, Keny risque probablement de détrôner
« Diam’s » au rang des rappeuses les plus populaires, l’accent marseillais en plus.
Œuvre semi-brulôt, semi hypra-sensible, il faut dire que Keny en impose en parcourant des thèmes plus variés et plus pointus que nombre de rappeurs et qui tiennent notamment de l’environnement, des génocides, du FMI, de la vie brutale et cruelle dans les pays d’Amérique du Sud (
« Victoria »), mais aussi et là, beaucoup plus proche de nous, des institutions françaises (
«C’est à l’Elysées que se cachent les plus grandes des racailles» proclame-t-elle dans
« Nettoyage au Kärcher »). Critique acerbe quand tu nous tiens…
Véritable ecorchée-vive, Keny Arkana ne manque pas non plus de ressources musicales pour accompagner ses propos : guitare sèche sur
«Entre les lignes : clouée au sol », violon sur
« Le missile suit sa lancée », les ambiances changent constamment entre chaque morceaux. D’autres morceaux sont beaucoup plus intimistes tel l’introspectif
« Je me barre » ou le touchant
« Cueille ta vie ».
« Entre ciment et belle étoile » est un beau début, Keny possède sans doute possible une jolie plume. Elle sait prendre position sans se perdre dans l’appel à la révolte non fondé que les non-amateurs de rap reprochent parfois à ce courant musical. Attention cependant à l’exagération des propos et des profils notamment lorsqu’elle évoque les limites du gouvernement français
« N’oubliez pas que c’est par les urnes qu’est arrivée Hitler » conclue-t-elle…
Rap / Chronique par
Franchuta