Jean Racine est son vrai prénom, ses parents l’ont prénommé ainsi en hommage au poète tragique du XVIIème siècle … Précision utile quand on arrive sur le devant de la scène après le multi-récompensé
Corneille… Leur histoire n’a de toute façon pas grand-chose en commun.
Jean Racine est né et a grandi au Sénégal, son choc musical a été la découverte, alors âgé de 10 ans, d’
« Exodus » de
Bob Marley… Si chanter a toujours été pour lui une seconde nature, son envie de musique grandira par les découvertes successives de
Tracy Chapman, Cat Stevens, Lou Reed, Roxette.
A 21 ans, lorsqu’il arrive en France pour poursuivre ses études dans une école de commerce, hébergé en cité U dans un 9m2, il se sent souvent seul et découvre la guitare. Ce n’est cependant que quelques années plus tard en 2005, qu’à Paris il se « lance » comme on le dit communément en jouant toute la nuit avec un chanteur de rue. Par suite, c’est presque tous les soirs qu’il se produira, seul, dans les rues de Paris, jusqu’à ce qu’en 2006,
Roy Music (jeune label qui a également découvert
Mademoiselle K et
Izabo) tombe sur ses maquettes grâce à internet, et le prenne sous son aile.
Son premier album
« Ivre du son »., que nous avons enfin entre les mains, a été enregistré à New York et réalisé par
Henry Hirsch (producteur de
Lenny Kravitz et de
Vanessa Paradis entre autres) qui a littéralement craqué sur ses morceaux. 12 morceaux tous plus vibrants les uns comme les autres qui s’inspirent à la fois du passé et de son enfance en Afrique mais avec une résonnance des plus modernes et une tonalité tout à fait pop.
Son style rappelle Keziah Jones, un mélange détonant de pop, de folk poussant jusqu’à intégrer du funk voire même du reggae. C’est à haute portée mélodique, dans un style pourtant hybride mais concrétisé par la voix magnétisante et haut perchée de
Jean Racine…
De l’ensemble se révèle une douce mélancolie métissée empreinte de la poésie des paroles :
« Le silence pèse/les rêves surgissent/les mots se taisent/les liens se tissent... » entend-on sur les premières secondes de l’album sur le morceau
« Faisons l'amour » … Dès ces premières secondes on a envie de la fredonner. Un album sérieux
« Etrange ère » mais aussi rythmé. A découvrir à la rentrée !
Folk / Chronique par
Franchuta