
On va me reprocher de toujours parler des m?mes artistes, mais est-ce ma faute si
Murat sort des albums ? la vitesse d?un cheval au galop ? De plus, maintenant que V2 a perdu son ind?pendance et que certaines branches d?
Universal oublient les petites gens et les journalistes ind?pendants : je vais moi-m?me m?offrir les disques de
JLM.
Le montant que va m?apporter cette chronique ne payera pas le prix du disque, mais je n?ai aucune h?sitation pourtant ? mettre une (grosse) partie de mes ?conomies dans un disque de
Jean-Louis. Poursuivant cette id?e de performance,
Murat nous offre un disque d?amour. Encore un me direz vous, mais sur celui l?, le sujet et le mode de fonctionnement sont importants. Pour ne pas dire primordiaux. Comme il l?avoue lui-m?me :
? La crise du disque nous oblige ? penser diff?remment notre m?tier. Avec Tristan, c?est un nouveau d?part, le m?tier change, je change aussi. Je veux repartir de plus belle. ?.
Et c?est ce qu?il a fait. Enregistr? en Auvergne ? l?automne 2007, par
Aymeric L?toquart, de fa?on artisanale et avec quelques compagnons de fortune, ce disque est pur comme du cristal, sensible aux variations climatiques et les 10 chansons s?encha?nent sur un rythme doux et apais?. On entend battre la vie et le c?ur de ce Tristan, d?sireux de proposer ses passions amoureuses avec un brin de m?lancolie.
? Tristan est un Sancy de tristesse. Il ne s?entend bien que si on pense, comme moi, que Dieu est une femme. ? d?clare
Murat pour expliquer ce projet.
Sa voix est toujours aussi juste et l?on comprend mieux pourquoi il affirme
? Je chante l?impossible amour entre Tristan et Yseult, je cherche d?o? nous vient ce go?t du malheur. A ma fa?on. ? .
Jean-Louis Murat est un po?te qui a appris ? bercer le spleen qui tourne en boucle en chacun d?entre nous. Epur? de la frime folk am?ricaine, le disque se go?te et de d?guste jusqu?? ce
? Marl?ne ? en conclusion qui ouvre encore une nouvelle voie ? exploiter, dont le r?sultat sera ?coutable d?ici?hum? 3 mois selon le barom?tre de
Murat.
Chanson / Chronique par
Pierre DERENSY