Arman Meliès est un artiste à univers. Ses albums sont de ceux dans lesquels il est (bon et) aisé de se laisser emporter.
Un univers quasi cinématographique, un personnage de troubadour magicien (son nom de scène est la réunion de deux hommages :
Arman, pour le peintre et sculpteur contemporain à l’excentricité folle et
Méliès, pour le cinéaste inventeur des premiers trucages), des pochettes d’album à la patte reconnaissable (conçues par le graphiste dadaïste
Julien Pacaud)… Tout cela c’est pour l’enveloppe extérieure, la forme plus précisément…
Mais si l’on s’attache au fond, il n’en est pas moins magique. Pour preuve, le morceau d’ouverture de l’album
« Casino », qui scotche l’auditeur dès les premières secondes : une mélodie à coller le spleen, un texte qui ne le colle pas moins… on n’en ressort pas indemne. Le bonhomme magnétise, électrise même avec ses mélodies empreintes de mélancolie.
Après deux albums restés, quoiqu’on en dise un peu dans l’ombre
« Néons Blancs et Asphaltine" (2004) et
"Les Tortures Volontaires"(2005),
Arman Méliès semble avoir trouvé la « formule » pour que l’on parle un peu plus de ses compositions : il a axé les arrangements sur les cordes et les claviers. Axé oui, mais tout en finesse et sobriété… Ce qui donne à certains titres de réels moments de grâce :
« Casino », nous l’avons déjà dit, mais aussi la reprise d’
« Amoureux solitaires » (titre popularisé par
Lio), le clavier omniprésent sur
« Le soupir du monde », les sublimes cordes sur
« Belem » ou enfin le génialissime
« Papier Carbone ».
Rock / Chronique par
Franchuta