
L’histoire de ce 5ème album commence par la rencontre avec Frank Joly (producteur de plusieurs artistes canadiens), rencontre qui va mener le groupe enregistrer dans les studios Piccolo à Montréal. Les « Prince » du ska (eh, oui ils ont aussi changé de nom… La Ruda n’est plus salska) se sont donc expatriés pendant un mois pour enregistrer ce petit bijou dans les conditions du live.
Petit bijou certes, mais pour qui est plus amateur de punk / rock cuivré que de ska. Car le groupe nous livre un son plus brut que « 24 images seconde » - 2003. La voix de Pierrot est par ailleurs plus maîtrisée et surtout plus compréhensible, ce qui permet de profiter des petites histoires proposées dans des textes beaucoup mieux construits que chez la plupart des groupes de punk /ska.
Mention bien par exemple à « Tierra Ne Répond Plus » où le chant est génialissime ! Même récompense attribuée à « Marilyne » : une chanson d’amour à la sauce Ruda, ça déménage forcément et férocement. Avec « Mélodie En Action » vous allez devenir intoxiqué et swinguer dans votre tête malgré ou grâce à un chant monocorde réussi.
Autre coup de cœur de l’album, «Ronnie Sait » où vous découvrirez la vie d’un fan d’Elvis Presley vivant par procuration : l’histoire mélangée à la rythmique donne une puissance indéniable à cette chanson, parce qu’évidemment cette histoire sonne vrai et juste.
Si « La trajectoire de l’homme canon » s’inscrit dans la ligné des grands albums de ska punk de cette rentrée (cf. « Les Caméléons » et consorts), La Ruda touche plus juste et signe un des albums les plus aboutis de la scène ska-punk française.
Ska / Chronique par
Franchuta